Balade dans le Rouen méconnu

Coup de projecteur sur des endroits méconnus du Rouen médiéval, moins visités que les grands monuments du circuit «classique», mais à découvrir pour les curieux.

Dernière mise à jour : 10/07/2012 à 11:37

Le manoir de Quevilly (aujourd’hui Petit-Quevilly), connu depuis Guillaume Longue-Épée, était un des séjours préférés des ducs avec le prieuré Saint-Gervais, situé au nord de la ville. Le parc l’entourant était vaste et s’étendait jusqu’à un port sur la Seine, dont le souvenir reste de nos jours dans le nom du lieu-dit Port-Richard. Le manoir lui-même, construit tel un palais, avec aula et salles majestueuses, était constitué de plusieurs bâtiments installés dans un grand enclos et disposait de sa propre chapelle dédiée à Notre-Dame, remplacée par celle que l’on peut visiter aujourd’hui, devenue chapelle Saint-Julien et bâtie vers le milieu du XIIe siècle. Un petit bijou, orné de magnifiques peintures murales de la même époque (ouvert le samedi de 14 h à 17h et à diverses occasions spéciales).
Prieuré Saint-Gervais
Établi sur le même emplacement que l’actuelle église vouée au même saint, il est resté célèbre pour avoir accueilli notre bon duc Guillaume mourant en ses murs, qui ont résonné en septembre 1087 de son agonie et des heures sordides qui ont suivi : dépouillé de toutes ses richesses et de ses objets en or par ses «fidèles», il fut laissé nu sur le carreau… On peut tenter de retrouver cette atmosphère dans l’abside qui date de 1040 et dans la crypte de l’église, antérieure à l’an mil, qui a sans doute vu passer la civière du Conquérant et dans laquelle ont dû prier les moines pour son salut (lourde tâche et vaste programme…).
Le puits du château
Celui qui aurait le goût, en se promenant dans le haut de la rue Jeanne d’Arc (à droite en montant!), de lever les yeux à hauteur du 102 y verrait, surmontant la porte, un bas-relief représentant le château de Rouen, dont le Donjon se dresse non loin de là. Cette porte mène vers une cour intérieure abritant l’un des derniers vestiges de ce château imposant construit par Philippe-Auguste, les soubassements de la tour où fut enfermée Jeanne d’Arc et le puits qui y était creusé. Pour y accéder, on conseille les jours ouvrables, car la sonnette du cabinet dentaire installé dans l’immeuble joue les ouvre-portes!
Sinon, comptez sur la chance… Mais c’est l’occasion de découvrir un de ces endroits «tout simples», sans faste, qui font aussi bien l’Histoire que les édifices pompeux.

Cet article a été écrit par une de nos lectrices : Catherine Laboubée. Elle est l’auteur de «La belle et le magnifique», T.1, «La fille de Falaise», édition la Belle saison. Biographie de la vie des parents de Guillaume le Conquérant.
Contact : labellesaison@orange.fr