Rencontre avec Matthieu Monier de l'ARCHE

Dernière mise à jour : 29/06/2011 à 11:16

Pour la deuxième année consécutive, c’est l’Association Rouennaise Contre l’Homophobie et pour l’Egalité, composée d’une dizaine de bénévoles, qui organisait le défilé de la Gay Pride ( ou Marche des Fiertés ) de Rouen. Nous avons rencontré Matthieu Monier, membre de l’association.

photo matthieu monier

Côté Rouen – Quel bilan tirez-vous de la Marche de cette année ?


Matthieu Monier - Nous sommes ravis. L’an dernier nous avons réunis 300 personnes contre pas moins de 700 cette année. D’autant plus que nous voulions que la Marche 2011 soit véritablement militante à l’approche des prochaines élections présidentielles.


Une telle augmentation du nombre de participants est-il révélateur d’un certain malaise chez les LGBT ( lesbiennes, gays, bis et trans ) vis-à-vis de la politique actuelle en la matière ?


M.M. – Il y a clairement un problème avec la majorité actuelle au gouvernement qui n’a pas vraiment fait avancer la question de l’égalité des droits ces dernières années. On ne s’attend pas à une réelle évolution de la part de l’UMP l’an prochain.


Quelles sont vos revendications pour 2012 ?


M.M. – Avant tout l’égalité des droits pour tous. L’ouverture du mariage aux couples homosexuels, la possibilité d’adopter mais également la possibilité de donner son sang. Les homosexuels ne sont pas des citoyens de seconde zone.

Que pensez-vous du rejet de la proposition de loi de Patrick Bloche ( PS ) d’ouvrir le mariage à tous ? Et quels sentiments avez-vous concernant les propos tenus en marge de ce débat ?


M.M. – En un mot nous sommes choqués. Nous ne comprenons pas comment des députés, tels que Brigitte Barèges ou Christian Vanneste, peuvent encore associer l’homosexualité à la zoophilie ou la polygamie. C’est d’autant plus consternant quand ces mêmes députés réclament la démission de Roselyne Bachelot lorsqu’elle se déclare favorable au mariage pour les couples homosexuels. On n’attendait pas beaucoup de cette proposition de loi mais c’est clairement une occasion ratée.


Vous êtes une jeune association. Cela n’a-t-il pas été difficile de se faire une place pour vous ?


M.M. – Non pas du tout. L’ARCHE a été créée en 2010 lorsque nous avons appris qu’il n’y aurait pas de Gay Pride à Rouen cette année là. En trois semaines, nous avons mis le défilé sur pied avec le soutien des associations et collectivités de la région qui continuent à nous soutenir.


En dehors de l’organisation de la Gay Pride, quelles actions mène votre association ?


M.M. – Nous sommes récemment intervenus en milieu scolaire et nous avons eu des retours très positifs. Sinon, nous nous axons beaucoup sur le domaine de la prévention auprès des établissements gays. La recrudescence du nombre de contaminations par le VIH nous conduit à demander plus à ces établissements que de simplement installer des distributeurs de préservatifs. Il faut vraiment informer pour lutter contre cette épidémie.


Êtes-vous à la recherche de bénévoles ?


M.M. - Oui, nous sommes toujours à la recherche de bénévoles prêts à nous aider à mener nos actions surtout dans le domaine de la prévention. Nous invitons donc quiconque est prêt à s’investir pour notre cause.


J.B.


Pour contacter l’association :

arche76@gmail.com

06 32 57 63 74

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